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J’ai eu une fausse couche (2/2)

En parler est essentiel

Les fausses couches sont souvent entourées d’un profond silence. Face à la douleur de la perte, vous avez peut-être tendance à vous replier sur vous-même et cette perte devient indicible pour vous. Le silence augmente la douleur car il entraîne un terrible sentiment de solitude et d’impuissance face au chagrin, vous n’avez alors pas la possibilité de faire votre deuil ouvertement et correctement. Parler, exprimer ce que vous ressentez, reconnaître les émotions que vous traversez permet au processus de deuil de se mettre en place naturellement et participe à la guérison émotionnelle et psychologique. La parole s’avère souvent l’arme la plus efficace pour libérer sa peine. En parler avec votre entourage (famille, amies, professionnels) permet de briser cette solitude.
Les femmes peuvent parfois reprocher à leur conjoint de ne pas comprendre ce qu’elles ressentent ou de faire comme si de rien n’était. Cette épreuve peut provoquer une période de tensions dans le couple. Bien souvent l’homme se trouve désemparé par cette détresse devant laquelle il se sent impuissant. La place du père est délicate et sa propre détresse est peu reconnue. Les hommes aussi souffrent en silence. Face à une société qui leur demande d’être forts, bien souvent, ils ont tendance à réprimer leur propre sentiment de perte. Pourtant leur tristesse est tout aussi profonde et ce qui les bouleverse le plus, est également la douleur qui affecte leur conjointe. Être témoin de cet immense chagrin peut être lourd à porter et leur donner l’impression de ne pas être à la hauteur.
Parler ensemble de cette douloureuse épreuve est donc important afin de dissiper cette incompréhension mutuelle.

Comment se remettre d’une fausse couche?

Se déculpabiliser : ce n’est pas votre faute

Se remettre d’une fausse couche implique la compréhension des mythes qui entourent la perte de grossesse. Les mythes les plus angoissants pour les femmes sont ceux qui attribuent la perte de grossesse à leur activité physique. On croit généralement que des activités comme le sport, les rapports sexuels, l’équitation et les voyages en avion peuvent provoquer une fausse couche.
Beaucoup de ces mythes font croire à la mère endeuillée qu’elle est responsable de la mort de l’enfant qui se développait en elle. La femme est alors chargée d’un lourd fardeau – un fardeau qu’elle ne devrait pas avoir à porter car généralement une fausse couche n’est pas le résultat de ses actions. Il est important de dissiper ces mythes, afin d’alléger le sentiment de culpabilité injustifié que la femme peut éprouver par rapport à la perte qu’elle a subie.

Rompre la solitude

Parler avec son partenaire, son entourage et participer à des rencontres, des discussions comme par exemple avec l’association « L’Enfant sans nom, parents endeuillés », permet aux parents de sortir de leur isolement.
Les groupes de soutien sur le deuil périnatal permettent de partager avec d’autres parents ayant vécu la même épreuve.

Faire le deuil

Le deuil est un processus qui prend du temps, il doit pouvoir s’exprimer pour libérer la peine ressentie et aboutir ainsi à accepter la réalité vécue et se souvenir du court moment vécu avec l’enfant. Le deuil qui entoure la fausse couche est un processus ayant très peu de cérémonies ou de rituels ce qui peut parfois rendre plus difficile l’acceptation de la réalité de la perte. Quand cela est possible, il peut être important pour les parents de voir le corps du bébé. Cette étape, aussi difficile soit-elle, aide les parents à se construire une représentation réelle de leur enfant et permet bien souvent d’éviter le regret de ne pas avoir connu leur enfant.
Encore une fois, le temps est un précieux allié car il permet de trouver pour l’un et l’autre, père et mère, l’attitude qui leur permet d’être le plus en accord avec eux selon leur propre histoire.
Les rituels ont également une grande portée émotionnelle pour celui ou celle qui fait face aux suites d’une fausse couche. Chaque couple peut s’inventer un rituel propre afin de concrétiser cette perte et parvenir ainsi à faire son deuil.

Garder la mémoire de votre enfant

Se souvenir de l’enfant (même des mois ou des années après la fausse couche) apporte beaucoup de réconfort à la mère et au père qui peuvent craindre inconsciemment d’oublier cet enfant.
Certains parents confectionnent un objet représentant de façon symbolique le bébé, une plaque gravée avec la date présumée de naissance ou des photos de l’échographie foetale. Ceux-ci sont autant de souvenirs qui rappellent votre bébé et expriment tout l’amour que vous aviez pour cet enfant.

  • donnez un prénom à votre enfant. Ainsi le bébé est une personne dont on peut se souvenir par son nom
  • conservez un objet associé à l’enfant
  • plantez un arbre en souvenir de l’enfant
  • créez un album / journal intime où vous pouvez y exprimer tous vos sentiments
  • parlez de l’enfant. Exprimez vos sentiments et racontez vos souvenirs à une autre personne

Comment trouver de l’aide?

Si vous vous sentez en difficulté, il est important que vous puissiez chercher de l’aide afin de ne pas rester seule face à cette souffrance. En parler est déjà un premier pas vers une restauration possible. Il est donc nécessaire d’être aidé par un conseiller, un psychologue ou un médecin.

Vous pouvez trouver une écoute et un soutien anonyme et confidentiel auprès d’une de nos conseillères en cliquant sur notre site à la rubrique: Aide en ligne.

Vous pouvez également consulter des sites spécialisés tels que:
http://lenfantsansnom.free.fr
http://www.nostoutpetits.org

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