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6. Les pleurs

Quand les bébés pleurent et mâchent leurs mains, on s’imagine souvent que c’est parce qu’ils ont faim et qu’ils devraient être nourris. Pourtant, les bébés pleurent pour plusieurs raisons. Il est étonnant d’observer que, pour la plupart des gens, un bébé qui pleure est un bébé qui a faim. Les bébés pleurent aussi quand ils sont fatigués, malades, mouillés, frustrés, hors de leur routine, nourris trop souvent, ou simplement parce que c’est ce que fait un bébé normal et en bonne santé. En tant que parent, vous devez apprendre à interpréter les pleurs de votre enfant afin de pouvoir réagir de manière adéquate.

Il faut savoir que les pleurs d’un enfant, ou plus précisément l’attitude des parents face à ces pleurs, influence grandement le développement de l’enfant. Vous rencontrerez les besoins de votre bébé tout au long de la journée, mais il est important que vous définissiez ces besoins par l’évaluation des pleurs et non par le son des pleurs. Prendre un enfant dès qu’il pleure, n’est pas toujours adéquat et peut révéler un manque d’assurance dans la prise de décision.

Aldo Naouri, pédopsychiatre depuis quarante ans et auteur à succès, estime que l’on vit dans une société trop maternant et incestueuse. Selon lui, il faut réhabiliter le rôle du père, ainsi que la frustration précoce de l’enfant.

Pour le citer, lors d’une interview, il relève la chose suivante : « Oui, il faut mettre en place de la frustration précoce et revenir à une chose toute simple qui consistait, dès le berceau, à habituer les mères à ne pas satisfaire tout de suite les demandes de leur bébé. Il faut lui donner à manger à heures relativement fixes, quitte à le faire attendre et à le laisser hurler ». Il précise même qu’en habituant l’enfant à la frustration, on lui fait comprendre que l’autre existe.

Ici, la différence entre les deux philosophies d’allaitements est fondamentale. Les adeptes de l’ACP croient qu’il faut évaluer chaque pleur et ensuite agir, alors que les adeptes de l’AD croient qu’il faut faire cesser chaque pleur, pensant que chacun d’eux signifie un besoin de nourriture ou de confort, ce qui n’est pas toujours exacte.

Dans les premières semaines de vie, les nouveau-nés ont besoin de pleurer. Une fois au monde, les enfants perdent leur chaleur corporelle quatre fois plus vite que les adultes et pleurer peut être un moyen pour eux de régulariser leur température.

Chez l’enfant en bas âge, pleurer est un moyen de communiquer des besoins et des désagréments d’une façon non-cognitive. Les pleurs varient selon leur but et leur intensité. Le pleur de faim est différent du pleur de malaise, le pleur de sommeil est différent du pleur qui demande de l’affection et le pleur de détresse est différent du pleur de demande. Le volume des pleurs varie en intensité : parfois c’est une douce plainte et d’autres fois c’est une protestation violente. Tenter de faire cesser chaque pleur peut parfois augmenter le stress plutôt que de le diminuer.

Si on laisse un bébé pleurer « normalement » (sachant qu’il n’a pas de besoin  en particulier), on l’aide à développer sa créativité et sa capacité à résoudre des problèmes. Par exemple, une étude a montré que les enfants qu’on laissait pleurer normalement étant bébé, étaient plus vigoureux et pouvaient résoudre des problèmes à l’âge de 1 an, comme grimper par-dessus une barrière les séparant de leur mère. Les enfants que l’on n’avait pas laissé pleurer normalement, par contre, avaient tendance à rester assis passivement devant la barrière, en pleurnichant. Ce type de comportements créatif et non-créatif continuera de caractériser l’enfant en bas âge et d’âge préscolaire.

La question à se poser est la suivante : qui est le plus affecté par les pleurs, le bébé ou les parents ? Il est vrai qu’aucun parent ne prend plaisir à entendre pleurer son enfant, même si les parents ont une plus grande tolérance aux pleurs que les grands-parents. Si vous êtes parent pour la première fois, vous verrez que les pleurs de votre enfant peuvent susciter chez vous des émotions très fortes que l’on n’aurait pas soupçonnées.

Les pleurs en soi ne sont pas mauvais mais ce sont les émotions d’incertitude qu’elles génèrent en nous qui nous troublent (est-ce que j’ai fait quelque chose de mal ?). On peut se demander pourquoi certains parents disent ne pas pouvoir supporter les pleurs de leur enfant. Quelle est la cause d’une telle affirmation ? Pourquoi les pleurs sont-ils une intrusion si puissante sur leurs émotions ? Y a-t-il quelque chose dans ces pleurs qui puisse réveiller certains conflits–clé dû au passé?

On ne peut résoudre les relations problématiques du passé en taisant ce qui dans le présent nous rappelle ces relations. L’expérience nous montre que les parents aimant leurs enfants laisseront leurs émotions au deuxième plan pour le bien de ceux-ci. Ils tolèreront un peu de pleurs si c’est ce qu’ils doivent faire d’après l’évaluation de ces pleurs et ils suivront le plan d’action qu’ils ont choisi comme étant le meilleur pour leur bébé.

Les enfants qui sont habitués à un rythme de vie régulier et prévisible (une routine) ont une plus grande tolérance à la frustration et apprennent à utiliser des moyens de communication autres que les pleurs, comme, par exemple, des babillages ou des mouvements vifs des bras et des jambes.

Vous devrez apprendre et savoir reconnaître un pleur. Certains pleurs sont normaux et ils ne doivent pas vous inquiéter mais il y a des pleurs qui doivent vous alerter. Un pleur aigu et perçant peut être un signal de blessure corporelle interne ou externe. Si ce type de pleurs persiste, consultez rapidement votre pédiatre. De même, un changement marqué dans les habitudes de pleurs de votre bébé, par exemple une augmentation de la fréquence et de la durée des pleurs, peut signifier que bébé est malade. Dans chacun de ces cas, prenez la température de votre bébé ou allez consulter.

En général, une période de pleurs normale arrive quand l’enfant est propre, a été nourri et qu’on le couche pour une sieste.

Les pleurs indiquant la faim et la soif sont prévisibles pour ce qui concerne les bébés nourris selon l’ACP. Par contre, avec l’AD, les pleurs restent imprévisibles et ont tendance à laisser les parents anxieux et plein d’interrogations.

 Si votre bébé est satisfait après sa tétée et qu’il pleure, vous pouvez être sûr qu’il ne s’agit pas de faim ou de soif. Il se peut que votre bébé soit dérangé par l’air qu’il absorbe en tétant. Assurez-vous bien qu’il fasse son rot après chaque sein (vous pouvez le mettre sur votre épaule en lui tapotant le dos ou sur vos genoux en le faisant sauter doucement) et qu’il soit bien positionné par rapport au sein, c’est-à-dire face au mamelon. Il doit avoir l’entier du mamelon dans la bouche et non pas le bout uniquement sinon vous risquez d’avoir des crevasses et de renoncer à allaiter, ce qui serait dommage. Si votre enfant a des coliques, vous pouvez masser doucement le ventre de votre enfant pour que l’air qui l’indispose soit expulsé ou vous pouvez le positionner de façon à ce que son ventre soit contre votre corps.

Néanmoins, si votre bébé persiste dans ses pleurs, lisez bien ce qui suit. J’aimerais pouvoir aborder ici un phénomène qui se révèle être de plus en plus fréquent et qui vaut la peine d’être exposé, il s’agit des pleurs incessants. Les mères et les pères qui sont confrontés à ce genre de pleurs sont souvent incompris par leur entourage et épuisés physiquement et psychiquement, ne sachant plus que faire. J’aimerais pouvoir les encourager.

On a vu que les pleurs sont normales dans la plupart des cas mais si elles deviennent incessantes et perturbantes pour la santé de la mère ou du père, il faut s’en préoccuper. En effet, les spécialistes savent aujourd’hui que les bébés peuvent vivre des traumatismes dès la naissance ou même in utéro et qu’il peut y avoir une souffrance psychique chez les bébés. Elle peut se manifester de différentes manières, tels que des pleurs incessantes, un repli sur soi, un refus de dormir ou de s’alimenter. La somatisation se fait en général au niveau ORL, comme des otites à répétition, des réactions cutanées ou des régurgitations et des problèmes au niveau des intestins, voire le refus du lait maternel.

Il est très important que les parents puissent consulter à ce moment-là, sans gène, à l’hôpital ou dans des unités de maternologie, une psychologue spécialiste dans  ce domaine qui saura interpréter les événements passés du vécu de l’enfant ou des parents et qui permettra de poser des mots qui sauront être libérateurs pour l’enfant. Il est fréquent qu’en une séance lorsque la problématique est révélée, les pleurs cessent d’un coup. Nous constatons donc, et c’est un fait surprenant, que l’on peut soigner son bébé par la parole.

Il est bon de savoir également que le nourrisson a une plus grande capacité que nous, adulte, à gérer les traumatismes, il est doté de plus grandes ressources. En effet, il en aura besoin pour affronter la naissance, qui est un traumatisme en soi.

Une autre préoccupation des parents peut être l’impression que son enfant ne semble pas rassasié après la tétée. Vous pouvez alors vérifier votre production de lait. Pour ce faire, il faut vous poser 3 questions :

  1. Est-ce que votre bébé dort bien entre les tétées ?
  2. Croît-il normalement, en taille et en poids ?
  3. Souille-t-il autant de couche qu’il ne prend de tétée ?

(par exemple, si votre bébé reçoit 7 tétées par jour, il devrait souiller 7 couches, même s’il ne s’agit que de pipi)

Une urine très jaune est une urine concentrée donc une indication que l’enfant a besoin d’absorber plus de liquide.

Regardons de plus près ce qui se passe lors de l’allaitement. Quand un bébé tète le sein de sa mère, un message est envoyé à la glande pituitaire (hypophyse) de la mère, ce qui déclenche la sécrétion de plusieurs hormones. Deux de ces hormones sont la prolactine et l’ocytocine. La prolactine est nécessaire à la production de lait et l’ocytocine à l’éjection du lait.

Le facteur le plus important pour la sécrétion continue de la prolactine est la stimulation adéquate du mamelon. Sans cette stimulation adéquate, le nombre de fois qu’un enfant boit n’a pas d’importance ; le lait ne sera pas produit. Si la quantité de lait sécrété n’était que le fruit du nombre de tétées, les fermiers trairaient leur troupeau de vaches plus souvent que deux fois par jour. C’est la routine qui aide à maximiser la production de lait et non le nombre illimité de tétées.

L’ocytocine provoque une contraction du muscle autour de la glande mammaire, forçant ainsi le lait vers les canaux lactifères. On appelle ce processus « l’éjection du lait » ou « la montée du lait ». Sans ce réflexe, le lait demeurerait dans les canaux. Le lait sécrété s’appelle le « dernier lait » et il est riche en calories. Avant que le lait ne soit éjecté, votre enfant recevra le « premier lait », celui qui est emmagasiné dans les canaux sous l’aréole (la chair entourant le mamelon). Ce liquide est limité quant à sa valeur nutritionnelle.

Comparativement aux mères qui allaitent à la demande, celles qui allaitent selon l’ACP ont peu ou pas de problème avec l’éjection du lait et ceci pour deux raisons.

Premièrement, parce que la routine joue un rôle important dans l’éjection adéquate du lait. En effet, le cerveau a besoin de routine pour maintenir l’ordre et l’efficacité, mais le corps aussi en a besoin.

Une deuxième raison est la confiance que les mères ont en ce qu’elles font. L’éjection du lait peut être empêchée par des émotions de peur, d’anxiété et de dépression. Il est essentiel que les mères aient l’assurance que ce qu’elles font est juste. Les mères qui questionnent leur quantité de lait, qui se demandent si leur bébé a assez bu, ou encore essaient de nourrir de force leur bébé, reflètent cette insécurité. Ces frustrations peuvent décourager une mère, expérimentée ou pas, au point où elle n’éjectera plus son lait du tout.

Sachez aussi que c’est une baisse de sucre dans le sang qui déclenche la faim et non un estomac vide. Ainsi, les enfants nourris plus fréquemment, donc ingérant une plus petite quantité de lait, auront naturellement faim plus souvent. Par contre, les enfants nourris selon l’ACP prendront une plus grande quantité de lait à chaque tétée et, par conséquent, le processus de digestion et d’absorption prendra plus de temps.

Pour résumé, deux facteurs interviennent pour une bonne production de lait: une stimulation appropriée à chaque tétée et le temps entre celles-ci. Vous pouvez nourrir l’enfant aussi souvent que vous le désirez mais sans une stimulation adéquate, la sécrétion du lait sera toujours limitée. De trop nombreuses tétées (trop peu de temps entre elles) réduira la stimulation nécessaire ; pas assez de tétées (trop de temps entre les elles) réduira la production du lait. Le temps et la stimulation travaillent de concert et sont tous deux nécessaires à un allaitement maternel réussi.

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