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France

3. L’allaitement

Si les avantages de l’allaitement au sein étaient mieux connus, il y aurait nettement plus de mères et de bébés à connaître les joies de l’allaitement.

Nous affirme Claude-Suzanne Didier Jean-Jouveau, auteur de Les 10 plus gros mensonges sur l’allaitement, aux éditions Dangles.

J’ai été surprise de voir qu’en France, malgré le congé bonus offert aux femmes qui allaitent, nombreuses sont les femmes qui font le choix du biberon. Pourquoi ? Certainement, un manque d’information ou alors de faux a-priori. C’est pourquoi je tenais à vous en exposer quelques-uns qui vous feront peut-être changer d’avis. Pour prendre une vraie décision, il est important d’avoir tous les éléments en main.

VRAI : Les enfants allaités sont en meilleure santé physique et psychologique que les autres.

On dispose maintenant de très nombreuses études montrant les avantages de l’allaitement pour la santé à court terme (moins de maladies gastro-intestinales, d’affections ORL…) et à long terme (prévention de l’obésité, du diabète, de certains cancers, meilleur développement neurologique, etc.). Pour l’aspect psychologique, on peut bien sûr être une « bonne mère » en donnant le biberon, mais il est plus facile de l’être quand on allaite, car on est aidée par les « hormones de l’amour » (notamment l’ocytocine) sécrétée pendant l’allaitement, et on dispose avec la tétée d’un outil de maternage vraiment « magique ».

FAUX : Les hommes sont exclus de la relation mère-enfant et les relations sexuelles s’en trouvent perturbées.

Il y a bien d’autres choses que donner le biberon que l’homme peut faire avec un bébé pour créer un lien avec l’enfant : changes, bains, massages, jeux, portage, bercement, etc. Quant aux relations sexuelles, elles n’ont rien à voir avec l’allaitement. Ou plutôt si…la forte poitrine de la mère aurait plutôt tendance à attirer le mari et à contribuer à ce que le couple se retrouve !

FAUX : Allaiter prend beaucoup de temps et d’énergie à la mère.

Pas avec la méthode de l’ACP (l’Allaitement Contrôlé par les Parents) et c’est bien là la grande différence : avec l’allaitement à la demande, la mère peut être fatiguée et tentée de passer, après 1mois, au biberon! Au contraire, avec l’ACP, allaiter est un gain de temps car tout est prêt, stérilisé et à la bonne température, en tout temps et partout… et en plus, c’est GRATUIT !

FAUX : Il existe de nombreuses contre-indications à l’allaitement.

La brochure du ministère de la Santé, Allaitement maternel, les bénéfices pour la santé de l’enfant et de sa mère, en répertorie en tout et pour tout quatre : maladie cardio-vasculaire ou respiratoire sévère de la mère, cancer en cours de traitement chez la mère, infection maternelle par le VIH et galactosémie chez le nouveau-né. Par contre, on peut allaiter si on a de la fièvre, on peut allaiter et se soigner si l’on est malade (la grosse majorité des médicaments sont compatibles avec l’allaitement), on peut allaiter et faire soigner ses dents (une anesthésie locale ne nécessite aucune interruption de l’allaitement), on peut allaiter même si l’on fume, etc.

FAUX : L’allaitement abîme le corps…qui devient moins désirable.

Ce qui abîme les seins, ce sont les changements brusques de volume, donc essentiellement l’accroissement en début de grossesse, un engorgement les premiers jours ou un sevrage brutal. Avec une bonne conduite de l’allaitement (ACP) et un bon soutien-gorge, il n’y a aucune raison de craindre pour ses seins. De plus, allaiter déclenche une hormone: l’ocytocine qui est l’hormone de l’amour comme on l’a vu précédemment. C’est aussi une hormone qui va vous aider à retrouver la ligne plus rapidement car elle permet la contraction de l’utérus qui reprend rapidement sa taille initiale.

VRAI : L’enfant et la mère éprouvent un plaisir intense à l’allaitement.

Du côté du bébé, plaisir de combler sa faim bien sûr, mais pas seulement car les tétées ne sont pas uniquement nutritives. Elles sont aussi une expérience sensitive, relationnelle et affective, où tous les sens du bébé, son besoin d’amour et de relation, sont comblés. Pour la mère : plaisir des sens (le toucher, l’odorat – ça sent bon un bébé allaité ! -, la vue par l’échange des regards, l’audition – ah, les petits bruits que fait le bébé en tétant…-, la caresse des petites mains…), plaisir de la détente induite par la tétée, plaisir de réussir par soi-même, plaisir de voir l’enfant grandir, se développer en bonne santé et plaisir de faire plaisir…

Il faut aussi savoir que si l’on est si peu informé sur les bienfaits de l’allaitement, ce n’est peut-être pas pour rien! Les enjeux économiques des grandes marques de lait maternisé sont extrêmement importants.

Ainsi, comme on l’a déjà vu, c’est aux parents de guider l’enfant vers les bons choix, tout en respectant ses besoins. C’est dans cet état d’esprit que nous pouvons introduire le choix que nous faisons d’exposer, ici, l’allaitement contrôlé par les parents, que nous nommerons pour plus de facilité l’ACP.

Nous avons assisté, dans les années soixante, à un bouleversement concernant les choix éducatifs qui nous semblent aujourd’hui beaucoup plus empreints de liberté. Néanmoins, il est toujours bon de savoir quelle théorie soutient un point de vue ou quelle croyance est à l’origine d’une affirmation.

Prenons, par exemple, Jean-Jacques Rousseau, écrivain et philosophe très apprécié et reconnu dans notre société, encore aujourd’hui. Il avait des pensées bien arrêtées et une théorie très élaborée concernant les enfants et leur éducation. Son argumentation et son intelligence, ainsi que sa façon très séduisante de communiquer, lui permirent de convaincre de nombreux adeptes.

La pensée maîtresse de sa théorie est la suivante : « Si un enfant est méchant, c’est parce que sa bonté naturelle a été pervertie par un environnement restrictif et autocratique ».

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Jean-Jacques Rousseau n’avait aucune expérience parentale. Bien qu’il eut cinq enfants de sa maîtresse, il ne leur a jamais donné un nom et ne cherchait pas à savoir s’il s’agissait d’une fille ou d’un garçon. Il les envoya dès leur naissance dans un centre appelé « L’Hôpital des Enfants-Trouvés ». Quatorze enfants sur trois mille y atteignaient l’âge adulte. Voltaire lui-même condamnait les actes d’infanticide de Rousseau.
Cette exemple est, à mon sens, assez parlant : comment un homme peut-il élaborer une théorie en étant si éloigné de son contexte et de sa réalité ?

Avant de donner son avis sur un fait, il est plutôt souhaitable, voire fortement recommandé, d’avoir une expérience de terrain. En bref, de savoir de quoi on parle!

L’expérience nous apprend ce qu’il advient d’un enfant sans éducation, livré à lui-même. Il devient comme un animal, sauvage et sans interdit, et dangereux pour ses semblables. Et pourtant, l’homme est un être social par excellence, c’est pourquoi il doit apprendre à vivre en société pour que celle-ci fonctionne correctement.

Plusieurs études statistiques nous montrent que les meilleurs résultats dans l’éducation sont obtenus par des parents qui se montrent à la fois aimants et autoritaires. L’un ne va pas sans l’autre. Les limites et les cadres que l’on donne à l’enfant le rassurent et le mettent en confiance, il se sent ainsi protégé. Un enfant aura une tendance naturelle à rechercher les cadres et les limites qui lui permettront de grandir dans un climat de sécurité.

Comme vous l’avez sûrement compris, l’allaitement contrôlé par les parents découle de cette façon de penser, celle qui considère qu’il revient aux parents de donner un cadre à l’enfant et qui, bien entendu, prend en compte les besoins de l’enfant.

L’allaitement contrôlé par les parents (ACP) crée et maintient un environnement extérieur stable pour le bébé, ce qui favorisera la stabilisation de son métabolisme et de son système nerveux. En même temps, cette méthode est assez flexible pour rencontrer les besoins émotionnels grandissants de l’enfant.

À l’époque et dans plusieurs pays, les jeunes enfants étaient emmaillotés. Il s’agit d’une pratique millénaire qui consiste à immobiliser les jambes dès la naissance, que ce soit dans des bandelettes ou un tissu très serré. En France, le fait d’emmailloter l’enfant avait été très fortement condamné par Jean-Jacques Rousseau qui voyait une entrave barbare à la nature. Il est pourtant de retour aujourd’hui, sous une forme plus moderne et de nombreuses marques l’on adopté. D’après les psychologues, le « maillot » rappelle au nourrisson qu’il était « à l’étroit » dans le ventre de sa mère. D’autre part, il réduirait les fameuses coliques du nourrisson en maintenant son ventre bien au chaud, de même que les brusques sursauts du bébé qui a peur de tomber dans le vide (le réflexe dit « de Moro »). D’après une étude américaine récente, le bébé emmailloté dormirait plus longtemps que le bébé « jambes libres ».

Aujourd’hui, on recommande cette pratique lorsque, durant ses toutes premières semaines, l’enfant a du mal à trouver le sommeil: s’il pleure sans raison apparente ou qu’il souffre de coliques.

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